Côte d’Ivoire-AIP/International/ RSF plaide pour un moratoire sur les arrestations de journalistes devant le Conseil somalien des droits de l’Homme 

Abidjan, 07 oct 2020 (AIP) – A l’occasion d’un débat au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU en présence de l’experte indépendante sur la situation des droits humains en Somalie, Reporters sans frontières (RSF) a reconnu des progrès notables en matière de lutte contre l’impunité mais demeure préoccupée par le climat hostile dans lequel évoluent les journalistes somaliens.

Selon un communiqué de presse publié le mardi 06 octobre 2020, RSF demande au Conseil des droits de l’Homme et aux pays partenaires de la Somalie d’encourager les autorités à décréter au plus vite un moratoire sur les arrestations et détentions de journalistes.

Sa responsable du plaidoyer, Isabel Amosse, qui a participé vendredi 2 octobre au dialogue interactif organisé par le Conseil des droits de l’Homme sur la Somalie, a plaidé devant la présidente du Conseil pour qu’un moratoire sur les arrestations de journalistes soit décrété au plus vite par le président.

« Ainsi plus d’une vingtaine de journalistes ont été arbitrairement arrêtés en Somalie en 2019. Nous invitons les pays partenaires de la Somalie et le Conseil des droits de l’homme à œuvrer dans le sens de ce moratoire », a indiqué Isabel Amosse.

Reporters sans frontières (RSF) a souligné que l’état de la liberté de la presse demeure préoccupant dans ce pays, classé 163e sur 180 au Classement mondial établi par RSF en 2020. « Plus de 50 journalistes y ont été tués au cours des dix dernières années. Il s’agit du pays le plus meurtrier pour les journalistes en Afrique et l’un des plus dangereux au monde », a-t-elle noté.

Toutefois des progrès notables ont été enregistrés au cours des deux dernières années, a-t-elle précisé. « Un policier a été condamné par contumace pour le meurtre d’un journaliste et deux militaires ont été renvoyés pour des actes de maltraitance lors d’une interpellation de reporters. Un procureur spécial en charge des enquêtes concernant les assassinats de plus de 50 journalistes a été récemment nommé. Il doit disposer des moyens nécessaires pour mener ses enquêtes à terme. »

Ces premières poursuites et condamnations doivent être systématisées et s’accompagner de la mise en place d’un mécanisme national dédié à la sécurité et à la protection des journalistes qui se fait toujours attendre, poursuit RSF. « Sur le plan légal, la promulgation en août de la nouvelle loi sur la presse est très loin de répondre aux enjeux. Elle ne prévoit pas la fin des peines privatives de liberté pour les délits de presse », a ajouté Isabel Amosse.

(AIP)

cmas

AIP Anyama

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