Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ L’UNESCO alerte sur la recrudescence des violences sur les journalistes

Abidjan, 14 sept 2020 (AIP)- L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a alerté le lundi 14 septembre 2020, sur l’augmentation des atteintes à la liberté de la presse faites par les forces de l’ordre au premier semestre de l’année dans le monde.

Dans un rapport intitulé « Sécurité des journalistes couvrant des manifestations – Préserver la liberté de la presse en période de troubles civils », l’organisme onusien souligne que 21 manifestations ont été marquées par des atteintes à la liberté de la presse. Des journalistes y ont été agressés, arrêtés voire tués.

Le rapport relève une tendance plus large à l’utilisation illégale de la force par la police et les forces de sécurité au cours des cinq dernières années dans le monde et indique que 10 journalistes ont été tués en couvrant des manifestations au cours des cinq dernières années.

En 2015, plusieurs journalistes avaient été empêchés par les forces de sécurité de faire leur travail lors d’une quinzaine de manifestations. En 2019, avec 32 manifestations, ce chiffre avait plus que doublé. Le rapport suggère qu’un nouveau seuil inquiétant a été franchi, révélant une menace importante et croissante pour la liberté des médias et la liberté d’accès à l’information dans toutes les régions du monde.

De ce fait, la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a rappelé le rôle essentiel des journalistes pour témoigner et informer le public sur les mouvements de protestation. Lors de la présentation de ce rapport, elle a également noté que la liberté d’informer les citoyens sur les causes des troubles et la réponse des pouvoirs publics étaient d’une importance vitale pour l’épanouissement des démocraties.

« Depuis de nombreuses années, l’UNESCO a eu une action de sensibilisation dans le monde pour s’assurer qu’ils puissent le faire en toute sécurité, sans crainte d’être persécutés, et elle a formé les forces de sécurité ainsi que le personnel judiciaire en matière de normes internationales et de liberté d’expression », a-t-elle déclaré.

L’UNESCO note que le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a documenté près de 500 violations dans le cadre de manifestations. Notamment lors des manifestations liées au mouvement Black Lives Matter aux États-Unis, la violence a entraîné des blessures permanentes, comme celles subies par plusieurs journalistes rendus aveugles par des balles en caoutchouc ou au poivre (pepper balls).

(AIP)

eaa/cmas

AIP Adiaké

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